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21/04/2021

Dimanche, vers 17 h, le Racing ne sera pas maintenu en Ligue 1. Il se sera peut-être rapproché de l’objet de sa mission, peut-être pas. Deux heures plus tôt, il aura entamé son bras de fer contre Nantes, une affaire considérable eu égard à la valeur prise par chaque point, conquis ou abandonné. La bataille du ciel, entre cigognes et canaris, sera acharnée. Qui a vu les Nantais se jeter à l’assaut de Lyon et tomber les armes à la main (1-2), dans un dénouement cruel, devine la fureur de survivre à laquelle les Strasbourgeois seront soumis.

Pour les joueurs du Racing, il y a un jardin à défendre. Un jardin de 7140 mètres carrés, exactement. Le jardin de leurs émotions, et des nôtres, une verte vallée devenue rectangle cathodique en attendant que nous y revenions tous, enfin, pour de vrai.

C’est un jardin vraiment. Le jardin Haemmerlé, un pré loué par le Racing en 1914, juste avant que ne résonnent les coups de canon de la première guerre mondiale, et sur lequel la Meinau a poussé. En 1933, quand déjà menaçait la deuxième, était inaugurée la première tribune. Le Racing ne s’est jamais éloigné de ce jardin. C’est une terre à laquelle il reste farouchement fidèle, à l’heure des grands travaux de sa rénovation.

Il appartient à la nouvelle génération d’en prendre soin, pour nous et pour elle, au nom de l’histoire écrite et de celle à écrire, ce long roman de passion, de fièvres et de transmission. Il lui revient de protéger le lopin de nos amours qui, depuis bientôt quatre ans, est revenu s’inscrire au cadastre de la Ligue 1.

Depuis quatre ans, le Racing y invite le grand monde. Il a beaucoup bataillé, souffert parfois, touché au ciel quelquefois, vacillé un moment entre enfer et paradis. Mais il n’a cessé de semer suffisamment pour préserver le maintien de son statut.

C’est son jardin. Il s’y rend un dimanche de printemps, la saison où sortent les bêches et les arrosoirs, pour y récolter le fruit de sa peine et affirmer son envie de prolonger son aventure, là-haut. Il sera bousculé par un visiteur décidé à labourer la glèbe jusqu’à son dernier souffle.

Le Racing se souviendra peut-être que la stature proposée à Nîmes pourrait ne pas suffire. Il ira donc au labeur avec la fierté et l’humilité, la précision et, peut-être, la patience d’un bon jardinier pour qui planter vient avant de récolter. Pas un pouce de ces 1740 mètres carrés n’est à négliger, à laisser à l’adversaire. Ce jardin lui appartient. Son avenir aussi.

Cet article a été rédigé par :
Jean-Marc Butterlin

Allez Racing et salut bisame !

Jean-Marc Butterlin a été Chef des Sports du journal « L’Alsace » et Grand Reporter au journal « L’Equipe ». Il est membre du Conseil d’Administration de l’Association Racing Club de Strasbourg Alsace.

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