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30/09/2022

C’est l’automne. C’est gris et pluvieux, plein de nuages, et de frissons déjà, de nuits qui commencent à tomber trop tôt et charrient les humeurs de saison, brumeuses aussi. C’est comme ça, c’est l’automne, ses lenteurs, ses langueurs.

Racing-Rennes est le premier match de l’automne, un samedi sans beaucoup de lumière sans doute. Il nous emmène, au début d’octobre, vers la fin du jour, sous le halo des projecteurs, vers un combat presque crépusculaire où il faudra beaucoup lutter pour chasser les frimas.

Mais lutter, le Racing connaît. Ce n’est pas la première fois qu’il doit lutter, contre les autres, contre lui-même, quand le temps est incertain, quand rien ne sourit, quand une pénurie de personnel sans fin l’oblige à se réinventer sans cesse, quand les barres s’y mettent elles aussi pour faire obstacle à son destin.

Les 90 minutes qui viennent ne suffiront pas à adoucir la pente complètement, on espère qu’elles y contribueront, l’effort pourrait durer un peu, mais ces 90 minutes-là donneront un sens à son histoire, le parfum du combat et de la révolte, dans une saison coupée en deux où l’hiver et le printemps, au retour de la Coupe du Monde, vont bouleverser la géographie du Championnat.

Le classement et sa force de frappe font de Rennes, en tête de son groupe en Ligue Europa et invaincu depuis six matches (3 victoires, 3 nuls, toutes compétitions confondues), le favori sans conteste de l’affrontement. Les venues prochaines de Lille, puis de Marseille, à la Meinau pourraient décrire un cas de figure analogue. La maison bleue s’apprête à recevoir de bien ambitieux visiteurs.

La mission n’en est que plus excitante et la revendication d’un premier succès d’autant plus intense. C’est l’objet du moment, s’y atteler de toute son âme, se rassembler, dans une affaire immense, balayer le déséquilibre initial, en tout cas y laisser à peu près tout sauf des regrets.

Pour les hommes de Julien Stéphan, ce sera un match de fureur, d’abnégation, d’humilité et de fierté, de talent aussi, de ceux qui ne s’arrachent qu’ensemble, où la faute de l’un est rattrapée par l’autre. Un match, bien sûr, qui nous engage tous, ceux du kop et tous les autres, du nord, du sud et de l’est du stade. Parfois, il faut beau en automne aussi.

Cet article a été rédigé par :
Jean-Marc Butterlin

Allez Racing et salut bisame !

Jean-Marc Butterlin a été Chef des Sports du journal « L’Alsace » et Grand Reporter au journal « L’Equipe ». Il est membre du Conseil d’Administration de l’Association Racing Club de Strasbourg Alsace.