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05/05/2017

J’étais au bord du terrain d’entraînement, mercredi matin, lorsque la saison d’Abdallah Ndour s’est achevée dans un cri glaçant. Dans la seconde, chacun a compris que c’était grave. Sur une civière, applaudi par ses coéquipiers et les supporters présents, Abdallah est parti vers l’hôpital, tibia et péroné brisés, dans des larmes qui charriaient une double souffrance, physique et morale. La séance n’a pas repris. Très affectés voire choqués pour certains, Thierry Laurey, son staff et les joueurs ont regagné le vestiaire l’âme en morceaux. Le combat du Racing pour la montée se fera sans l’un de ses plus vaillants combattants, sans un sacré bonhomme qui ne supporte pas la défaite. Sans son sourire également.

Plus tard dans la journée, lors de l’entretien vidéo que nous avons réalisé avec Jérémy Blayac, le capitaine alsacien a eu des mots forts. La quête du paradis n’est plus seulement l’affaire d’un club, d’une équipe et de son peuple. C’est devenu, aussi, l’espoir d’un geste immense envers un gars que tout le monde adore. « Ce serait magnifique d’offrir un match de Ligue 1 à Abdallah pour son retour sur les terrains » a gravement insisté Blayac. Abdallah Ndour a encore deux années de contrat au terme de l’exercice.

Il faudra faire sans lui et pour lui. Le vestiaire strasbourgeois s’est toujours relevé des absences de l’un ou de l’autre. Il a l’occasion de s’unir encore plus fort alors que se dressent les trois derniers obstacles. « Tout obstacle renforce la détermination. Celui qui s’est fixé un but n’en change pas » : cette phrase de Léonard De Vinci dessine le tableau de nos sentiments ultimes. Les trois obstacles les plus hauts de la saison sont devant nous. Ils se valent par le nombre de points mis sur la table. Ce sera très dur à Lens, très compliqué à Niort, quatre jours plus tard seulement, au fil d’une semaine où les joueurs vont beaucoup voyager. Ce sera infernal, pour finir, contre Bourg-en-Bresse, dans une Meinau déjà bondée, sur un scénario que nul ne connaît encore.

270 minutes et des brouettes nous séparent du verdict. C’est court. C’est interminable. Je sais, pour en avoir discuté avec les uns et les autres, que l’idée perverse que nous disposerions d’un joker a été balayée par le groupe. C’est une pensée négative qui accompagne l’acceptation d’une possible défaite. Les joueurs ne veulent pas en entendre parler. Ils n’en sont pas à l’abri, pas plus que leurs concurrents, mais ils avancent vers les obstacles avec la seule volonté de chercher à les franchir encore. Pas de s’arrêter devant en spéculant sur le prochain. Le statut actuel réclame plus d’humilité que jamais. Il n’est pas bon de regarder les autres de haut au prétexte d’une position avantageuse, très récente, acquise justement au prix de la déférence accordée à la concurrence. Nous resterons à cet endroit si nous n’oublions jamais comment nous y sommes arrivés. En luttant sans cesse, en souffrant souvent. Comment depuis des mois et pour quelque temps encore.

Je vous dis à la semaine prochaine !

Allez Racing et salut bisame !

Jean-Marc Butterlin a été Chef des Sports du journal « L’Alsace » et Grand Reporter au journal « L’Equipe ». Il est membre du Conseil d’Administration de l’Association Racing Club de Strasbourg Alsace.

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