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20/08/2019

Fort comme Francfort

C’est un gros morceau qui se dresse à présent sur la route européenne du Racing : l’Eintracht Francfort, club historique du football allemand et impressionnant demi-finaliste de la Ligue Europa la saison dernière…

On l’appelle « Die kleinste weltstadt der welt » : la plus petite grande ville du monde. Francfort-sur-le-Main. Mais plus volontiers Francfort, tout court. Frankfurt : de « Franken Furt », le « gué des Francs ». C’est la ville de Charlemagne et de Goethe, celle des saucisses fumées au bois de hêtre et de la banque centrale européenne, à la fois conviviale et survoltée. Du Römerberg à la Main Tower, de ses musées séculaires à son aéroport XXL, entre skyline et maisons à colombages, elle aime conjuguer tradition et modernité avec harmonie, en allemand : « Eintracht ». Comme le nom de son club de football, autre grande fierté de la ville.

Et notamment de l’un de ses plus célèbres ressortissants, l’ancien député européen franco-allemand Daniel Cohn-Bendit. Dans une interview au journal 20 Minutes, « Danny le Rouge », rappelait récemment son amour pour l’Eintracht, club populaire et cosmopolite, historiquement contestataire et engagé : « Quand j’ai été expulsé de France après Mai-68, je me suis installé à Francfort. Et comme je m’intéressais au foot, j’ai commencé à suivre l’équipe locale. J’ai flashé sur ce club, que l’on surnomme « la Diva », car ils sont capables du meilleur comme du pire ! ».

120 ans d’histoire

Alors autant se souvenir des belles choses, de ces moments de grâce qui ont pavé l’histoire mouvementée d’un club omnisports aux 16 sections (dont les fléchettes et le baby-foot !) et aux 75 000 membres, fondé il y a 120 ans : le titre de Champion d’Allemagne conquis en 1959 et la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions qui a suivi (perdue face à l’imbattable Real Madrid), les cinq Coupes nationales (la dernière en 2018, après trente ans de disette), la Coupe de l’UEFA (ancêtre de la Ligue Europa) remportée en 1980 ou, plus près encore, la demi-finale de la Ligue Europa en mai dernier et l’élimination aux tirs au but face à Chelsea, futur vainqueur de l’épreuve. Un parcours remarquable et remarqué, au cours duquel l’Eintracht ne s’est incliné qu’une seule fois (à Benfica) en 14 matches.

Car c’est bien l’une des équipes ayant fait cette année la plus forte impression sur la scène européenne qui se dresse à présent sur la route du Racing. Remonté en Bundesliga en 2012 après une saison passée à l’étage inférieur, l’Eintracht a repris des couleurs au printemps 2016, sous l’impulsion de l’entraîneur croate Nico Kovac, aujourd’hui au Bayern. Son successeur, l’Autrichien Adolf « Adi » Hütter (49 ans), venu de Suisse (Young Boys de Berne), a assumé l’héritage tout en imposant sa patte, mais en s’appuyant toujours sur les principes maison : intelligence tactique, équilibre, verticalité, efficacité. Un football séduisant et résolument spectaculaire, qui fait le bonheur des bouillants supporters des « Aigles », aussi fidèles à la Commerzbank-Arena (49 554 spectateurs de moyenne la saison passée, taux de remplissage : 96,22%) que nombreux en déplacement.

Un effectif aux 17 nationalités

L’Eintracht sera donc un adversaire redoutable, même si l’équipe a connu quelques mouvements cet été, mercato oblige. Ainsi les deux attaquants Luka Jovic et Sébastien Haller, grands artisans de la belle saison passée (à eux deux, ils avaient inscrit 32 buts en Championnat et 15 en Ligue Europa), sont partis sous d’autres cieux : le Serbe au Real Madrid (pour 60 M€) et l’international Espoirs français à West Ham (40 M€). Il reste tout de même une ossature et du beau monde, du gardien de buts Kevin Trapp (ex-PSG), à l’avant-centre portugais Gonçalo Pacienca, en passant par le défenseur d’origine angolaise Danny Da Costa, le jeune central français Evan Ndicka (19 ans, formé à l’AJ Auxerre) ou encore les milieux de terrain suisse Gelson Fernandes (passé par Saint-Etienne et Rennes), néerlandais Jonathan de Guzmán et serbe Filip Kostic, ainsi que le prolifique international croate Ante Rebic. L’Eintracht s’est également renforcé à l’intersaison, notamment avec les arrivées de l’international suisse Djbril Sow au milieu (mais qui s’est blessé à la cuisse début juillet) et, en attaque, de la pépite serbe Dejan Joveljic en attendant l’arrivée du géant néerlandais Bas Dost. Avec plus de 40 joueurs dans un effectif où 17 nationalités sont représentées, Adolf Hütter a l’embarras du choix.

Reste la vérité du terrain. A l’occasion des premières rencontres de la saison l’Eintracht a justifié son surnom, décidément capable du bon comme du moins bon. De boucler tranquillement ses deux tours de qualification européenne en quatre victoires, contre Flora Tallinn (Estonie) et le FC Vaduz (Liechtenstein), comme de prendre une claque en amical contre les Young Boys de Berne (1-5) ou de souffrir contre une D3, le Waldhof Mannheim, au premier tour de la Coupe d’Allemagne, un triplé de Rebic inscrit dans le dernier quart d’heure sauvant les Aigles d’une élimination prématurée.

Le parfum des grands rendez-vous

A l’heure où le club vient d’ouvrir un bureau en Chine pour conquérir le marché asiatique, pareille bévue aurait fait tache. Dans le cadre de son développement international, l’Eintracht Francfort entend bien renouveler ses exploits sur la scène européenne et pour les dirigeants, la Ligue Europa revêt ainsi la plus haute importance. D’autant plus que, suite à une fin de Championnat catastrophique la saison passée (aucune victoire et 17 buts encaissés lors des six derniers matches), les hommes d’Adolf Hütter avaient laissé échapper une place en Ligue des Champions qui leur tendait pourtant les bras.

Le Racing est donc prévenu : son voisin (deux heures et demi de route) et futur adversaire a les crocs. Et le parfum des grands rendez-vous le transcende. Si le passé européen de Strasbourg contre les clubs allemands se résume à un huitième de finale de la Coupe de l’UEFA 1978-1979 perdu contre le MSV Duisburg (0-0, 0-4), l’Eintracht Francfort (124 rencontres en Coupes d’Europe) a en revanche affronté quatre clubs français (Monaco, Sochaux et, plus récemment, Bordeaux et Marseille), pour un bilan largement en sa faveur. Hors Coupe Intertoto, seul le FC Sochaux du « vieux Gaulois » Patrick Revelli a en effet réussi à se qualifier. C’était en huitièmes de finale d’une Coupe de l’UEFA dont l’Eintracht était alors tenant du titre. Ce soir-là, à Bonal, il neigeait. Pour la première fois, l’aigle baissait la tête. Une performance mémorable et quelques lignes d’Histoire, dont le Racing pourra toujours s’inspirer…

© Eintracht Francfort

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