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05/09/2017

Ça me fait penser à ces longs voyages sur l’autoroute des vacances et cette voiture qu’on double, qui nous repasse devant, qu’on reprend un peu plus loin. On ne sait plus qui s’accroche à qui. Des kilomètres et des kilomètres à cheminer comme ça sans jamais se perdre vraiment de vue, sans apprécier toujours les manœuvres de l’autre. Sur la même route, dans la même direction, vers la même destination, on dirait bien.

Depuis un peu plus de deux ans, le Racing et Amiens, c’est un peu ça. Pare-choc contre pare-choc ou presque. Inséparables. Concentrés sur la conduite à tenir. Les virages à ne pas rater, éviter de s’endormir, ne pas se tromper d’itinéraire. Et arriver, enfin, au bout du voyage, ensemble, au pays du soleil où la nuit se couche pleine d’étoiles. Strasbourg et Amiens ne se quittent plus. Qui aurait pensé, au mois d’août 2015, alors que les deux équipes se lançaient dans le marathon du National, qu’elles partageraient le même et formidable destin de monter deux fois de suite, un exploit double et commun pour une grande première dans l’histoire du football français. Le Racing l’a réussi en champion. Amiens s’est accroché, encore et toujours.

C’est ici, à la Meinau, le 13 mai 2016, qu’Amiens arrache sans doute son billet pour la Ligue 2 par une soirée irréelle, Aboubakar Kamara inscrivant, à la 94e, au milieu d’une forêt de jambes alsaciennes, un but aussi décisif que glacial. Le peuple alsacien chante déjà son retour dans le professionnalisme. Il attendra le court voyage de Belfort pour effacer sa douleur muette et exploser, enfin.

Un an plus tard, le 19 mai 2017, à 348 kilomètres de distance, se joue une dramatique étouffante. Ici et là, les dernières minutes sont invivables. Contre Bourg-en-Bresse, le Racing mène 2-1, à moitié trahi par Loïc Damour, l’un de ses enfants perdus. Un but encaissé, un seul et tout s’écroule. C’est un long quart d’heure, insupportable, où la Meinau retient son souffle. Mais les Bleus tiennent et le feu d’artifice peut, maintenant, cracher au ciel les couleurs du bonheur. A Reims, au même instant, tout semble fini pour Amiens. 1-1, ça ne suffit pas et il ne reste qu’une pincée de secondes. Emmanuel Bourgaud, l’ancien Colmarien, surgit alors et marque le but le plus insensé de l’histoire du football picard. C’est un miracle. Pour la 57e fois de son histoire, le Racing jouera en Ligue 1. Amiens y met les pieds pour la première fois.

Samedi 9 septembre 2017. 20 heures. Le Racing et Amiens se retrouvent. Dans la cour des grands, cette fois. Ils n’iront pas plus haut. Une autre mission les réunit soudain, celle de garder cette place si chèrement acquise. Un mot, un seul, résume leur semblable combat : maintien. Un pauvre point les sépare comme si, jamais, ils ne devaient se perdre, marcher loin l’un de l’autre. Après trois défaites, les partenaires de Régis Gurtner, cet autre enfant du Racing coupé de ses racines par les errances passées, ont balayé Nice, l’Européen, d’un 3-0 net et sans ratures.

Ne nous y trompons pas. C’est un match capital, moins lumineux qu’un Racing-PSG qui fera courir les curieux, mais tellement important dans le « championnat des humbles » où la survie fait le quotidien. C’est un gros moment, essentiel. Ne le ratez pas !

Je vous dis à la semaine prochaine !

Allez Racing et salut bisame !

Jean-Marc Butterlin a été Chef des Sports du journal « L’Alsace » et Grand Reporter au journal « L’Equipe ». Il est membre du Conseil d’Administration de l’Association Racing Club de Strasbourg Alsace.

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