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LES COUPS FRANCS DE BUBU – Soudain, le buste se redresse…

Posté le 26/11/13
Dimitri Lienard RCSA

Il est des périodes dans une saison où la démarche d’une équipe consiste à faire le dos rond. C’est une façon d’avancer un peu particulière, la tête rentrée dans les épaules, recentré sur soi-même. Ca touche au physique et au mental, on progresse contre les vents contraires, on essaie de les faire glisser et de les mettre derrière soi. On pense aux poteaux qui ont repoussé les ballons ces dernières semaines, aux gars qui guérissent lentement et ne reviendront pas avant l’année prochaine. Et, soudain, par un effet miraculeux de l’esprit humain, l’idée du dos rond en déclenche une autre, de prime abord paradoxale mais pas vraiment chez les sportifs, qui revient à relever la tête. C’est l’automatisme du combattant, repoussant le principe même du renoncement et de l’adversité.

C’est l’image que m’ont renvoyé les vainqueurs d’Orléans, venus sur le pré avec mille doutes dans la culotte quand arrivait une équipe qui avait tout renversé sur son passage à chacun de ses déplacements. Face à ce danger immense, les bustes se sont redressés, les torses se sont bombés, l’âme s’est remplie de cette force qui permet d’effacer les obstacles. Et, dans le quart de virage, là-haut, le kop de la Meinau, plus formidable et plus empathique que jamais, est venu apporter sa voix au long travail de sape de nos Bleus, récompensés dans les dernières secondes par le corner le plus extravagant que Dimitri Lienard ait jamais frappé. Une chose improbable, à l’effet noisette, qui a fini au fond des filets, un cadeau du ciel. Mais, surtout, une manière céleste de répondre à l’énergie mise dans l’affaire par les joueurs.

Car tout se mérite. Le Racing n’était pas l’équipe la plus flamboyante du monde vendredi soir mais il a rendu le match passionnant, haletant par sa volonté, grandissante au fil des minutes, de gagner les duels, un par un, jusqu’à forcer Orélans à concéder corner sur corner. Jusqu’au dernier qui lui a été fatal. Ce n’est pas rien ce qui s’est passé. On en a vu quelques-uns forcer leur nature pour arracher les ballons, tacler comme des affamés, tomber, se relever, y laisser une épaule comme ce bon David Ledy. On a juste envie de penser que cette équipe, recousue de toutes parts par François Keller, s’est imprégnée du climat terriblement rude du National. Où rien n’est donné, jamais. Où penser une seule seconde que ce sera différent vendredi prochain à Bourg-Péronnas serait une erreur fondamentale. La lutte continue, buste droit.

Je vous dis à la semaine prochaine !
Allez Racing et salut bisame !

Jean-Marc Butterlin a été Chef des Sports du journal « L’Alsace » et Grand Reporter au journal « L’Equipe ». Il est membre du Conseil d’Administration de l’Association Racing Club de Strasbourg.


Stade de la Meinau

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