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03/04/2019

D’abord 10 000 dans les rues de Lille, au soleil du Nord. Une marche bleue, belle, intense, joyeuse. Et paisible. Des vieux, des moins vieux, des jeunes, des hommes, des femmes, des enfants. Un peloton qui chemine lentement dans le ventre de la Flandre romane, un serpent azur qui ondule et glisse sur le pavé. A l’ombre de la Citadelle, les refrains montent au ciel.

Ensuite, 30 000 qui s’approchent du stade dans une palpitation de drapeaux. L’étendard chantant est levé. Des grappes entières qui s’agglutinent. Beaucoup patientent déjà autour des stands, achètent un maillot, un tee-shirt, une écharpe, un bonnet. On ne se bouscule pas. Une heure encore et la nuit s’invite nonchalamment. Tout près, les bras de la Deûle s’étonnent de cette vague inattendue. Des Alsaciens et des Bretons se chambrent gentiment. L’est et l’ouest au carrefour septentrional d’une collision pacifique.

Et puis, les entrailles de l’arène qui se remplissent à toit ouvert. La teinture indigo se propage à tous les étages. Un virage et deux latérales qui dessinent un « U » majuscule, une voyelle vibratoire, enflammée. Soudain, ils sont chez eux et ils vont le chanter. « La Meinau avec nous, la Meinau avec nous ». La résistance du camp guingampais est belle mais le surnombre est strasbourgeois. « Un seul amour et pour toujours », on se demande si le Krimmeri ne coule pas derrière Pierre-Mauroy.

120 minutes et des brouettes comme ça. C’est incessant, tumultueux. Plus fort encore quand c’est dur sur le pré, qu’il faut aider, pousser. La conscience d’une finale inespérée augmente le volume. Ça tient à rien cette affaire de faux-rebonds et de ballon qui flotte. Rien qui rentre à la fin. Les tirs au but.

C’est face au virage bleu. Alexandre Mendy s’avance dans le chahut. Quand il s’élance, les yeux fixent la balle à ce point qu’ils vont la propulser au-dessus de la barre. Après, il y a Sani, Adri, Bingou, sur sa gauche, Dim qui se la joue Tchécoslovaque des années 70 et enfin Lionel qui n’oublie pas qu’il s’appelle Carole, le même nom qu’une danse médiévale. Oui, maintenant, ils peuvent danser.

Aussi, ils chantent encore et pleurent, et s’embrassent. 30 000 paires de bras soulèvent la Coupe avec « Mitro ». Ils les voient s’approcher pour la communion ultime. « Merci les Bleus ». « Putain, ça va chier », c’est d’un prosaïsme grandiose. Dimanche est déjà là, maintenant.

Ils s’éparpillent dans une nuit sans heure, sans heurt. Ils finissent dans un bar et le jour les rattrape, bienheureux, fripés, pâles et vaseux. Il sera temps de rentrer quand ça ira. Ils sont magnifiques. Ils ont le droit de le dire : cette finale, eux aussi l’ont gagnée.

Allez Racing et salut bisame !

Jean-Marc Butterlin a été Chef des Sports du journal « L’Alsace » et Grand Reporter au journal « L’Equipe ». Il est membre du Conseil d’Administration de l’Association Racing Club de Strasbourg Alsace.

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