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LES COUPS FRANCS DE BUBU – Une affaire alsacienne

Posté le 10/02/15
Colmar-Racing

Ce vendredi, le football alsacien se regarde au fond des yeux. Le Racing et Colmar s’affrontent pour le match le plus excitant de la saison. Plus de 20.000 spectateurs y assisteront. Des dizaines de milliers d’autres le suivront devant leur téléviseur. Le derby alerte bien au-delà de nos montagnes à vaches. Une équipe de TF1 est à Strasbourg durant trois jours et proposera un long sujet dimanche dans « Téléfoot ». On me dit que, dans le quartier très sportif de San Siro, à Milan, le résultat sera guetté de près aussi, avec quelques battements de cœur.

On se sera beaucoup évertué, ces jours-ci, à « dédramatiser » comme on dit. Fort justement, dans les deux vestiaires, on aura répété à l’envi que la pêche aux points surpasse de loin tout désir de sortir de l’arène en maître régional. Trois petites longueurs, seulement, séparent les deux équipes. Pour les uns et pour les autres, les regards se tourneront vers le haut, vers le bas ou vers pas grand-chose, selon l’issue du duel.

« Un match comme les autres » ?

On ne m’en voudra pas, quand même, de penser qu’il flotte un air plus dense autour de l’affaire. Côté colmarien, le rêve de disputer son hégémonie historique au Racing représente une quête ancienne dont les racines remontent à l’immédiat après-guerre quand les deux clubs évoluaient en Division 1. C’est une revendication fondée venant d’un groupe de personnes qui a formidablement bien travaillé depuis une décennie et donné aux SRC sa légitimité actuelle. Je peux parler des SRC sans me voiler la face. J’en ai porté le maillot trente années de suite, fidèlement. Je sais, pour l’avoir vécu dans les équipes de jeunes, que vaincre le Racing a toujours été un moment particulier, une fierté et, quelque part, accompagné du furieux sentiment de lui rabattre son caquet.

Côté strasbourgeois, sur le chemin qui doit mener le Racing, un jour ou l’autre, vers des contrées plus conformes à ses infrastructures, la venue des Colmariens n’est pas non plus « un match comme les autres ». Pourquoi ne pas le dire ? Ces derniers temps, les relations se sont un rien distendues. Ce n’est pas plus grave que ça et ce n’est pas le plus important aujourd’hui. La vie et mon plaisir à accompagner Marc Keller, qui est un ami, et ses formidables partenaires dans leur projet de reconstruction, me posent aujourd’hui en supporter absolu des hommes de Jacky Duguépéroux. Je sais, comme eux, que les SRC auront tout fait, cette semaine, pour laisser croire que cet affrontement est une étape comme une autre sur la route de la relance dans une période difficile. La réalité dit surtout que retrouver le goût de la victoire à la Meinau constitue un véritable objectif, sportif et personnel. Pour eux, c’est une véritable aubaine par les temps qui courent.

Nous sommes prévenus de cette évidence. Lors des trois derniers derbies de National, nous n’avons jamais gagné (deux défaites la saison dernière, un nul arraché au temps, 3-3, au match aller). Ce vendredi, le Racing saura rester humble et décidé. Ce sera sans doute bien plus compliqué que contre le Paris FC (2-1). Parce que, si Paris est grand, un derby est bien plus grand encore.

Je vous dis à la semaine prochaine !

Allez Racing et salut bisame !

Jean-Marc Butterlin a été Chef des Sports du journal « L’Alsace » et Grand Reporter au journal « L’Equipe ». Il est membre du Conseil d’Administration de l’Association Racing Club de Strasbourg Alsace.


Stade de la Meinau

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