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LES COUPS FRANCS DE BUBU – Ma nuit avec Keshi

Posté le 12/02/13
Keshi

En suivant la Coupe d’Afrique des Nations à la télé, je n’ai cessé de caresser un rêve. Celui de voir couronner un entraîneur ayant porté ou défendu les couleurs du Racing. Ils étaient quatre au départ : notre ami Jean-Marc Kuentz, désormais adjoint de Sabri Lamouchi, pour la Côte d’Ivoire, Claude Leroy, coach de la République Démocratique du Congo, Didier Six, à la tête des Eperviers du Togo et Stephen Keshi, patron des Super Eagles nigérians. Ils sont tous une part de nous-mêmes, à des degrés d’affection divers, nos cigognes à nous qui, deux fois par an, survolent les montagnes, l’eau et le désert pour tisser le fil naturel et migratoire entre l’Alsace et l’Afrique.

Dimanche soir, l’un d’entre eux est devenu le roi de Johannesburg, au bout d’une finale âprement arrachée à ces merveilleux Burkinabe. Et son nom résonne comme le bruit d’un boulet déchirant le ciel de la Meinau. Stephen Keshi, auteur de l’un des buts les plus inoubliables de l’histoire de notre club. Chaque supporter du Racing, qui n’était pas parmi les 35079 spectateurs, se souvient de ce qu’il a fait ce soir-là, le 13 mai 1992, une semaine après le drame de Furiani. Moi, je me rappelle une autoroute,  mon autoradio crachant les commentaires en direct. Qu’est-ce que je foutais donc là ? Le boulot  sans doute. Quand Keshi a marqué, j’ai dû m’arrêter. J’ai su tout de suite que je venais de manquer un moment d’histoire. Je me revois, courant et gesticulant sur l’aire d’arrêt, chantant « Allez les Bleus », livré aux regards atterrés de quelques congénères faisant le plein d’essence de leur 204, à un franc le litre.

C’était il y a plus de vingt ans. Strasbourg-Rennes, barrage pour monter en D1. Je n’avais jamais vu ce match, je le jure. Mais, dimanche soir, Keshi a réveillé cette frustration ancienne. A minuit, j’ai cherché sur internet. Grâce à Dailymotion, je me suis offert, enfin, les 90 minutes de ce match retour, après le 0-0 de l’aller. C’était sur Antenne 2, le regretté Bernard Père au micro, Michel Vautrot, l’arbitre, comme consultant. Je n’ai pas quitté l’écran des yeux, pas une seconde. Il y a le but de Keshi bien sûr, le but du 2-1 après 20 minutes. Cette chose improbable, un frappe du droit, cou-de-pied, un peu extérieur, qui s’envole au-dessus de Pascal Rousseau, le gardien breton. Avec le temps, et les mémoires qui agrandissent les légendes, Keshi a tiré de 30 m, puis de 35, de 40 (source Wikipédia), presque 45 ces dernières années. Franchement, c’était plutôt entre 30 et 35 mètres. Mais on s’en balance ! Ce soir-là, Keshi a délivré un Racing qui commençait à douter. Car c’était 1-1, un autre but magnifique de Le Dizet ayant répondu au coup de tête de José Cobos dès la 5e minute. Mais nous ne sommes pas ici pour refaire le match.

De ce 4-1 strictement magique et jubilatoire, de formidables images ont bercé ma nuit. Gilbert Gress devant son banc. Derrière lui, Max Hild et Jean-Michel Colin dont le sourire continue d’habiter nos cœurs meurtris. Didier Notheaux, l’entraîneur du Stade Rennais, qui avait fait monter Mulhouse trois ans plus tôt, fumant Gitane sur Gitane. Un autre temps. Il y a notre président, Marc Keller, qui a volé ce soir-là, donnant une passe de rêve à Jacky Paillard pour le but du 3-1. Et Sylvain Sansone, dans le but, exceptionnel face aux attaquants  en rouge et noir. A la fin, les supporters ont escaladé les grillages et envahi la pelouse pour une fête immense et débridée. Le Racing remontait en première division après trois années de purgatoire comme disent les journaux spécialisés. C’était Keshi. C’était le 13 mai 1992. Yann Benedick, notre dernière recrue, portait encore des couches. Il avait tout juste trois mois et douze jours. Pour lui et ses potes, l’histoire, maintenant, reste à réécrire.

BARRAGE RETOUR (D1-D2) / RACING-RENNES : 4-1 (aller :0-0).
13 mai 1992. 35079 spectateurs.
Les buts : J. Cobos (5e), Keshi (20e), Paillard (28e et 84e) pour le Racing ; Le Dizet (10e) pour Rennes.

RACING : Sansone – Dall’Oglio, Keshi, Leboeuf, J. Cobos – Mura, Pouliquen, Paillard – Keller, Etamé (Monczuck, 43e), Peron. Entr. : Gress.

Je vous dis à mardi prochain.
Allez Racing et salut bisame !

Jean-Marc Butterlin a été Chef des Sports du journal « L’Alsace » et Grand Reporter au journal « L’Equipe ». Il est membre du Conseil d’Administration de l’Association Racing Club de Strasbourg.

 


Lundi 3 avril - 20h45

Stade de la Meinau - J31 L2

Racing site
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RC Strasbourg AlsaceFC Sochaux

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