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Les coups-Francs de Bubu – Des hommes qui tombent

Posté le 11/02/14

J’étais quand même un peu inquiet samedi matin. J’ai donc pris ma voiture et j’ai filé à la Meinau. Le ventre noué, je me suis précipité vers la pelouse. Et là, immense soulagement ! Pas un seul joueur d’Ajaccio couché sur le terrain. J’ai eu si peur qu’il en reste un, en train de se tenir la tête, la cuisse, la cheville, le mollet, le dos, oublié là par ses dirigeants dans la précipitation d’après-match. Mais non ! Toutes les victimes du match de vendredi avaient été ramassées.

Ce n’était pas si évident, finalement ! J’ai bien cru un moment que la deuxième mi-temps de ce Racing-Ajaccio ne se résume plus qu’à un jeu de quilles avec une boule invisible qui renverserait un Corse à peu près toutes les cinq minutes. Mon Dieu, quel spectacle ! Je ne vais pas vous faire ma chochotte ici. Des équipes qui essaient de gratter du temps, surtout lorsqu’elles mènent à l’extérieur, on en a vu des dizaines. Mais, comme dirait un bûcheron canadien, quand tous les arbres sont coupés, il n’y a plus de forêt. Ou, façon locale, quand les bornes sont dépassées, il n’y a plus de limites. Toutes les deux actions, au moindre tacle, au plus petit contact, on a vu s’écrouler un petit homme rouge dans de formidables gesticulations. Me suis demandé un moment s’il n’y avait pas un sniper planqué dans les gradins qui leur envoyait du plomb dans les fesses.

C’était bien sûr insupportable, tellement évident de mauvaise foi et, hélas, accompli avec l’assentiment d’un arbitre qui n’aurait choqué personne s’il avait accordé dix minutes de temps additionnel. C’était déjà un moyen simple pour pénaliser un comportement général que je pensais appartenir au siècle dernier, quand les défenseurs pouvaient encore donner, redonner, re-redonner et re-re-redonner le ballon au gardien. Les règles ont changé pour le bien du football et les cartons existent pour empêcher les excès.

Mais quand on laisse faire, ça se passe comme vendredi soir. J’ai finalement envie de rendre hommage à nos joueurs qui ont globalement réussi à garder leur sang-froid. Rien que pour ça, le point qui est arrivé en fin de match leur est une juste récompense. Je dirais qu’il est tombé justement, lui !

Je vous dis à la semaine prochaine ! 

Allez Racing et salut bisame !

Jean-Marc Butterlin a été Chef des Sports du journal « L’Alsace » et Grand Reporter au journal « L’Equipe ». Il est membre du Conseil d’Administration de l’Association Racing Club de Strasbourg Alsace.


Samedi 29 juillet 2017 à 19h00

Stade Gaston-Gérard - Dijon

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